Les Equipes

 
Phillippe Chatel
Auteur/ Compositeur

Phillippe Chatel

Philippe Chatel, dont le père fut réalisateur pour la télévision, est né en 1948.
Il fait partie des chanteurs de la Nouvelle chanson française. Il fut proche de Georges Brassens.
Ses chansons sont souvent autobiographiques. Il est le plus souvent auteur-compositeur-interprète des chansons présentes sur ses disques. On connait bien sûr « J’t’aime bien Lili » mais peut-être surtout sa comédie musicale « Emilie Jolie ». Sur la base de ce personnage, Philippe Chatel a écrit aussi une série de 9 contes dans lesquels Emilie retrouve en rêve certains personnages de la comédie avec lesquels elle vit de nouvelles aventures.
Le thème d’ « Emilie Jolie » revient dans chacun de ces contes.

Discographie :

– 1976 Analyse
– 1978 Salut au temps qui passe

Sentiments :

– 1979 Emilie Jolie (double vinyle)
– 1980 Emilie Jolie (1ère réédition CD). Le conte connaîtra une version TV avec J.C. Averty

Enregistrement public :
Paroles et musiques :

– 1982 L’aventures de Tom-Tom-Tommy

Yin-Yang :

– 1983 Maquillages
– 1984 Peau d’âme
– 1985 Best of

 

Philippe Chatel nous livre les coulisses du spectacle qui doit la pérennité de son triomphe à la sincérité de son talent.

Qu’est-ce qui a déclenché chez vous le désir de mettre à nouveau en scène «Emilie Jolie» ?
Depuis sa création, il ne se passe pas de semaine sans que je signe d’autorisations à la SACD pour que d’autres montent Emilie. Plus de 2.500 spectacles amateurs et semi-amateurs (écoles, cours de danse, conservatoires de musique, etc…) ont ainsi vu le jour, et ça continue…
Pour l’anecdote, j’ai reçu une thèse de l’université d’Oakland (Nouvelle Zélande), sur Emilie et sur le Web, de nombreux sites lui sont consacrées, même anglais et américains !
On m’a également envoyé d’Afrique de l’Ouest des photos de petites Emilie blacks ou dans le décor les sapins sont remplacés par des cocotiers.
La demande était toujours aussi forte, sans doute parce que l’histoire est intemporelle…

Quand Jean-Marc Ghanassia m’a contacté, j’étais prêt à recommencer.
C’est sûrement le meilleur producteur que j’ai jamais rencontré. Il ne se contente pas de réunir l’argent, il s’investi à 1000 %.
Cet homme, capable de jouer du Schubert ou du Chopin pour son plaisir, veut ce qu’il y a de mieux pour le spectacle et ne lésine pas sur les moyens. C’est un vrai créatif à qui aucun détail n’échappe.
Jean-Marc prolonge mon rêve, qui est devenu le nôtre…

Qu’est-ce que vous diriez à ceux qui ont déjà vu Emilie Jolie pour les convaincre de venir voir ce nouveau spectacle ?
D’abord, il y aura sur scène un nouveau personnage, sur un praticable amovible : l’orchestre. Cinq musiciens, multi-instrumentistes, parmi les meilleurs qui joueront véritablement un rôle.

Ensuite, notre priorité est allée au casting des personnages. Pour interpréter l’Oiseau, par exemple, après Julien Clerc et Johnny Hallyday, il me fallait une pointure. Pour chaque rôle, nous avons fait un casting très étendu de chanteurs/comédiens. Par exemple, pour Emilie nous avons retenu trois merveilleuses petites filles.
Il y a également des danseurs et danseuses et des effets spéciaux inimaginables il y a vingt ans…

Et je laisse, même si je suis directif comme créateur, une grande place aux idées que chacun peut apporter… Le vrai talent, c’es d’abord de savoir bien s’entourer.

C’est pour Georges Brassens que vous avez écrit « Le hérisson », il a été facile à convaincre ?
Je suis allé le voir, je lui ai tout raconté et chanté.
Il m’a dit : « d’accord à une condition c’est que tu m’apprennes la chanson pour que tu ne perdes pas de temps en studio ».
Avec un si belle réponse, on est à un mètre du sol !
L’enregistrement a été très rapide, mais Georges est resté toute la matinée pour écouter les autres.
En plus, le « professeur » Brassens a fait une correction. J’avais écrit : « quelle est la petite fille qui me rendra heureux » « dra-heu » m’a-t-il dit, c’est un hiatus. Il a transformé la phrase : « quelle est la petite fille qui va me rendre heureux ». Je la lui dois ainsi qu’un de mes plus beaux cadeaux : sa première guitare, de 1953, qu’il m’a offerte et sur laquelle je joue toujours.

Et avec Henri Salvador « Le conteur » comment s’est déroulée votre rencontre ?
A 19 ans, en sortant de l’armée j’étais un peu perdu et sans le sou !
J’ai été garçon de courses, chez lui, pour… 490 francs par mois. Quand je lui ai téléphoné, des années plus tard, non seulement il a tout de suite accepté, mais c’est même lui qui a demandé à Françoise Hardy – qui m’intimidait terriblement – d’interpréter « La Sorcière ».

Vous avez déjà rêvé d’une interprétation anglo-saxonne ?
Qui ne le ferait pas… Pourquoi ne pas imaginer une « dream team planétaire », avec Stewie Wonder, Paul Mc Cartney, Barbara Streisand, Madonna, Robbie William, Bruce Springsteen, Bob Dylan, Sting, et tant d’autres artistes que nous aimons tous, qui font partie de notre « paysage sonore »…

Votre Emilie à trois ans avait peur du « Loup » interprété par Eddy Mitchell. Quel regard porte-t-elle aujourd’hui  sur ce conte dont elle demeure l’héroïne malgré elle ?
Lorsque le disque est sorti, si les commerçants lui disaient : « alors, c’est toi, Emilie Jolie ! », elle répondait énervée : « non, je suis Emilie Chatel, Emilie Jolie c’est le disque ! ». Aujourd’hui, je crois qu’elle est plutôt fière… Elle travaille aujourd’hui dans le cinéma.

Comment expliquez-vous que cette comédie musicale séduise tant  de générations ?
Après vingt ans, je suis toujours aussi surpris, et heureux.
Je ne m’attendais pas, en écrivant, à un tel succès. Je l’ai fait pour ma fille, pour moi, avec des artistes que j’aime… La suite de l’histoire, c’est le public qui la raconte, pas moi.

162